Paradoxe : les cryptos confidentielles auraient moins de risques de favoriser le blanchiment d’argent

L’évidence première n’est pas la vérité fondamentale – C’est un bien étonnant rapport en faveur des cryptomonnaies dites “anonymes” qui vient tout juste de sortir. Contrairement à ce qu’on aurait pu croire, ces dernières poseraient même moins de risque de blanchiment d’argent que d’autres cryptomonnaies. Explications.

Les cryptos anonymes peuvent être compatibles avec les régulations

Le cabinet d’avocats Perkins Coie apporte une réponse étonnante à la question suivante :

« Est-il possible pour les entités réglementées de se conformer aux obligations de lutte contre le blanchiment d’argent (AML) lorsqu’elles acceptent des cryptomonnaies anonymes ? »

“Étonnante”, car la réponse des experts est sans appel : oui !

Dans un rapport publié ce 15 septembre, les avocats de Perkins Coie ont passé sous la loupe de la conformité réglementaire plusieurs de ces cryptomonnaies aux transactions anonymes.

Ce sont ainsi 4 cryptos qui sont passées sur le grill, ainsi qu’une méthode d’anonymisation :

  • l’incontournable Monero (XMR), malheureusement très prisé des pirates amateurs de ransomwares;
  • Grin (GRIN), basé sur le protocole MimbleWimble ;
  • Zcash (ZEC) et ses transactions anonymes optionnelles (shield transaction) ;
  • Dash (DASH), un clone de Bitcoin avec des options d’anonymisation grâce à ses transactions privées (private send) ;
  • la méthode CoinJoin, qui consiste à mélanger (ou “mixer“) des transactions en bitcoins (BTC).

Bitcoin serait plus à surveiller que les cryptos anonymes ?

« Les cryptomonnaies anonymes présentent un risque inhérent de lutte contre le blanchiment d’argent plus faible que les autres cryptomonnaies, lorsqu’on examine les preuves d’une utilisation illicite dans la pratique. »

Notre avis Bitcoin BTC »

Outre leur qualité de protéger la vie privée financière des particuliers et des entreprises, les cryptos anonymes ne présentaient pas de réels problèmes dans le cadre réglementaire définissant les fournisseurs de services d’actifs virtuels (ou VASP).

Les avocats citent ainsi les réglementations comme celles du Department of Financial Services à New York (NYDFS), de l’Agence des services financiers au Japon (FSA), de la Financial Conduct Authority (FCA) au Royaume-Uni, ou encore et l’international Groupe d’action financière (GAFI). Toutes seraient compatibles avec des cryptoactifs anonymes.

En effet, le niveau d’identification des clients (KYC) des VASP réglementés ferait que les transactions anonymes entre particuliers ou entreprises ne poseraient pas problème si elles passent ensuite sur ces plateformes.

Ce type de cryptos ne nécessiterait donc pas davantage de régulation, qui serait jugée « trop contraignante » par ces avocats. Ils estiment en effet que les réglementations actuelles sont un compromis suffisant entre la prévention du blanchiment d’argent et le développement de technologies innovantes, bénéfiques pour préserver la vie privée.

C’est donc un véritable plaidoyer, argumenté, en faveur des cryptos anonymes que les avocats de Perkins Coie ont ici menés. Mais de là à ce que cela suffise à calmer la fièvre réglementaire des autorités gouvernementales, cela reste malheureusement très incertain.

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